Jeudi 7 juillet 2005
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Laurence Parisot, PDG de l'institut
de sondage IFOP, a succédé, mardi 5 juillet, à
Ernest-Antoine Seillière à la présidence du
Medef. Sur la forme, le changement est total. Le baron Seillière,
67 ans, était héritier des Wendel jadis maîtres
de forges (aujourd'hui 21e fortune de France : 1,2 milliards ) ;
Mme Parisot est la première femme à la tête de
l'organisation patronale, quadragénaire, avec une fortune
familiale de «seulement » 100 millions d'euros... De quoi améliorer peut-être
l'image assez désastreuse du Medef dans l'opinion publique. La
nouvelle présidente souhaite d'ailleurs
"jeter des ponts" vers des publics réputés
hostiles - en citant l'Education nationale et débattre
"avec les ONG et le monde associatif".
La victoire de Laurence Parisot
traduit aussi celle des services (70 % des emplois)
c'est-à-dire une certaine « nouvelle économie »
sur l' « ancienne », représentée
par Seillière et l'Union des industries et métiers de la métallurgie
(UIMM). Grâce à son activité de sondages, L.
Parisot a un important réseau de clients, et semble douée
d'une réelle capacité d'entregent : celle qui lui a
permis d'intégrer dès 2001 Le Siècle, club très influent où se côtoient des
responsables politiques, économiques et médiatiques
triés sur le volet - ce qui lui a valu le ralliement de François
Pinault, de Michel Pebereau (BNP-Paribas), ou qui lui permet
d'entretenir des relations de confiance avec Bernadette et Claude
Chirac.
Voilà pour ses particularités formelles. Ceci dit,
les « fondamentaux » du Medef ne sont guère
modifiés. Dans son premier discours de présidente, elle
a déclaré que sa première priorité serait
de faire aimer aux Français "l'économie, c'est
à dire l'économie de marché". Prôner
"une politique économique favorable aux entreprises,
c'est la condition même du social" , a-t-elle indiqué.
"L'Europe sociale ne peut se faire que dans l'Europe
libérale", a-t-elle encore estimé. Plaidant
pour une "modernisation" du code du travail, elle a
dit vouloir construire avec les syndicats "un nouveau contrat
social apaisé". Afin de bien entamer ce dialogue,
elle a annoncé quelque chose qui va sûrement plaire aux
grands syndicats : son intention de "casser un tabou : celui
des règles de représentativité syndicale"
qu'elle entend "rénover"...
Un petit rappel : sur les 2,5 millions
d'entreprises françaises, 2,3 millions ont moins de 10
salariés.
Par Rikibou
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Publié dans : Entreprises & Finance
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Mercredi 6 juillet 2005
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Le 1er juillet, le SMIC a été revalorisé de 5,51 % (à 1217,84 bruts mensuels), mais pas les allocations chômage... On nous promet un contrôle plus strict des chômeurs, toujours soupçonnés de se la couler douce aux frais de la collectivité...
Dans les années 70 et 80, c'était l'absence d'emploi et l'inactivité qui étaient associées à la pauvreté : chômeurs, personnes âgées, marginaux... Or, depuis les années 90 est apparue une nouvelle figure venue des Etats-Unis : le "travailleur pauvre" (working poor en anglais). Ils sont aujourd'hui entre 1 et 3 millions et demi en France... D'accord, ce n'est pas très précis comme évaluation, mais tout dépend des sources statistiques, des définitions de la pauvreté (en France, le seuil de pauvreté est fixé à la moitié du revenu médian, soient 602 par mois pour une personne seule) et du travail : par exemple, faut-il compter les chômeurs n'ayant pas du tout travaillé pendant l'année ? Toujours est-il que plus d'un quart des chômeurs inscrits à l'ANPE ont exercé une activité dans le mois... Donc, d'une part, il est de plus en plus difficile de considérer les chômeurs comme des fainéants, d'autre part, le travail à temps partiel (au niveau actuel du SMIC et des aides sociales) ne protège complètement ni du chômage ni de la pauvreté.
La grande majorité (environ 80 %) des travailleurs pauvres sont
des salariés, surtout non-qualifiés et jeunes qui, avec le développement de la flexibilité, connaissent des périodes d'alternance entre chômage, emploi et
inactivité (formation par exemple). Pour les salariés en contrats précaires (CDD, stages, contrats
aidés), le taux de pauvreté est 3 fois plus
élevé que pour la moyenne des salariés.
Ce qui est nouveau, c'est que la plupart des salariés du bas de l'échelle sont aujourd'hui menacés plus ou moins par la pauvreté. En moyenne, depuis 1978, le pouvoir
dachat des salariés "d'en bas" a régressé, les bas salaires ne progressant pas au rythme des prix - et l'arrivée de l'euro n'a rien arrangé. La tendance est la
même depuis une vingtaine dannées pour la plupart
des prestations sociales, avec une couverture sociale qui tend à
se réduire, notamment pour les chômeurs. Seuls ceux qui ont un patrimoine ont pu tirer leur
épingle du jeu : la possession d'un logement est essentielle pour la stabilité et la qualité de vie, et depuis 1988, les revenus du patrimoine ont
augmenté de + 160 % en pouvoir dachat. Aujourdhui
la détention dun patrimoine est devenu un facteur
décisif de sécurité économique, mais bien sûr, très inégalement répartie.
(Voir l'excellent site consacré aux inégalités : www.inegalites.fr, avec tous les seuils de pauvreté, selon la composition de la famille).
Par Rikibou
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Publié dans : Revenus & Inégalités
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