Chiffres en vrac

En 2004, 66,9 % des ménages de cadres étaient connectés à internet, contre 21,6 % des ménages ouvriers (source : INSEE).


Selon les estimations de l'ONU, 800 000 enfants souffrent depuis deux mois de la famine au Niger, dont 150 000 en état de sévère malnutrition. Combien d'Européens parmi les victimes ?

Garde-manger

W3C

  • Flux RSS des articles

Concours

DECODECO L'économie décryptée pour tous

Eco ou intox ? Nous sommes tous les jours noyés par les chiffres, les idées reçues, les jargons, maniés par des "élites" et des soi-disant experts autorisés...

Pour mieux comprendre l'actualité économique et sociale, et en discuter ensemble, voici des faits, des explications et des débats ouverts à tous !

Moi, je décode  chaque jour, avec ma modeste compétence de professeur d'économie, un ou deux sujets, en essayant de rester le plus objectif possible : expliquer les termes, éclairer les enjeux, casser quelques idioties... Et comme pour toutes les affaires importantes, l'humour ne sera pas absent.

Point important : l'économie ne peut être séparée des questions sociales et des choix politiques. Il n'est de pires manipulateurs que ceux qui présentent l'économie comme une "science" neutre, qui proposerait des solutions uniques - bien entendu, maîtrisées par les spécialistes... L'économie est une science sociale, morale et politique, en relation avec de nombreuses autres disciplines. C'est pourquoi nous traiterons autant de l'emploi, de l'environnement, ou de la protection sociale, par exemple, que de sujets strictement économiques.

De votre côté, réagissez ! Quel que soit votre âge, vos occupations, votre compte en banque... mettez votre grain de sel ! Vos commentaires sont bienvenus, s'ils sont courtois bien entendu, et sans publicité. Et doucement pour moi, je débute en blog...


A bientôt RIKIBOU




Jeudi 7 juillet 2005
Laurence Parisot, PDG de l'institut de sondage IFOP, a succédé, mardi 5 juillet, à Ernest-Antoine Seillière à la présidence du Medef. Sur la forme, le changement est total. Le baron Seillière, 67 ans, était héritier des Wendel jadis maîtres de forges (aujourd'hui 21e fortune de France : 1,2 milliards €) ; Mme Parisot est la première femme à la tête de l'organisation patronale, quadragénaire, avec une fortune familiale de «seulement » 100 millions d'euros... De quoi améliorer peut-être l'image assez désastreuse du Medef dans l'opinion publique. La nouvelle présidente souhaite d'ailleurs "jeter des ponts" vers des publics réputés hostiles - en citant l'Education nationale – et débattre "avec les ONG et le monde associatif".
 

La victoire de Laurence Parisot traduit aussi celle des services (70 % des emplois) c'est-à-dire une certaine « nouvelle économie » sur l' « ancienne », représentée par Seillière et l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Grâce à son activité de sondages, L. Parisot a un important réseau de clients, et semble douée d'une réelle capacité d'entregent : celle qui lui a permis d'intégrer dès 2001 Le Siècle, club très influent où se côtoient des responsables politiques, économiques et médiatiques triés sur le volet - ce qui lui a valu le ralliement de François Pinault, de Michel Pebereau (BNP-Paribas), ou qui lui permet d'entretenir des relations de confiance avec Bernadette et Claude Chirac.

Voilà pour ses particularités formelles. Ceci dit, les « fondamentaux » du Medef ne sont guère modifiés. Dans son premier discours de présidente, elle a déclaré que sa première priorité serait de faire aimer aux Français "l'économie, c'est à dire l'économie de marché". Prôner "une politique économique favorable aux entreprises, c'est la condition même du social" , a-t-elle indiqué. "L'Europe sociale ne peut se faire que dans l'Europe libérale", a-t-elle encore estimé. Plaidant pour une "modernisation" du code du travail, elle a dit vouloir construire avec les syndicats "un nouveau contrat social apaisé". Afin de bien entamer ce dialogue, elle a annoncé quelque chose qui va sûrement plaire aux grands syndicats : son intention de "casser un tabou : celui des règles de représentativité syndicale" qu'elle entend "rénover"...

 
 

Un petit rappel : sur les 2,5 millions d'entreprises françaises, 2,3 millions ont moins de 10 salariés.


Par Rikibou - Publié dans : Entreprises & Finance
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 6 juillet 2005

Le 1er juillet, le SMIC a été revalorisé de 5,51 % (à 1217,84 € bruts mensuels), mais pas les allocations chômage... On nous promet un contrôle plus strict des chômeurs, toujours soupçonnés de se la couler douce aux frais de la collectivité...

Dans les années 70 et 80, c'était l'absence d'emploi et l'inactivité qui étaient associées à la pauvreté : chômeurs, personnes âgées, marginaux... Or, depuis les années 90 est apparue une nouvelle figure venue des Etats-Unis : le "travailleur pauvre" (working poor en anglais). Ils sont aujourd'hui entre 1 et 3 millions et demi en France... D'accord, ce n'est pas très précis comme évaluation, mais tout dépend des sources statistiques, des définitions de la pauvreté (en France, le seuil de pauvreté est fixé à la moitié du revenu médian, soient 602 € par mois pour une personne seule) et du travail : par exemple, faut-il compter les chômeurs n'ayant pas du tout travaillé pendant l'année ? Toujours est-il que plus d'un quart des chômeurs inscrits à l'ANPE ont exercé une activité dans le mois... Donc, d'une part, il est de plus en plus difficile de considérer les chômeurs comme des fainéants, d'autre part, le travail à temps partiel (au niveau actuel du SMIC et des aides sociales) ne protège complètement ni du chômage ni de la pauvreté.
 

La grande majorité (environ 80 %) des travailleurs pauvres sont des salariés, surtout non-qualifiés et jeunes qui, avec le développement de la flexibilité, connaissent des périodes d'alternance entre chômage, emploi et inactivité (formation par exemple). Pour les salariés en contrats précaires (CDD, stages, contrats aidés), le taux de pauvreté est 3 fois plus élevé que pour la moyenne des salariés.

 

Ce qui est nouveau, c'est que la plupart des salariés du bas de l'échelle sont aujourd'hui menacés plus ou moins par la pauvreté. En moyenne, depuis 1978, le pouvoir d’achat des salariés "d'en bas" a régressé, les bas salaires ne progressant pas au rythme des prix - et l'arrivée de l'euro n'a rien arrangé. La tendance est la même depuis une vingtaine d’années pour la plupart des prestations sociales, avec une couverture sociale qui tend à se réduire, notamment pour les chômeurs. Seuls ceux qui ont un patrimoine ont pu tirer leur épingle du jeu : la possession d'un logement est essentielle pour la stabilité et la qualité de vie, et depuis 1988, les revenus du patrimoine ont augmenté de + 160 % en pouvoir d’achat. Aujourd’hui la détention d’un patrimoine est devenu un facteur décisif de sécurité économique, mais bien sûr, très inégalement répartie.

(Voir l'excellent site consacré aux inégalités : www.inegalites.fr, avec tous les seuils de pauvreté, selon la composition de la famille).



Par Rikibou - Publié dans : Revenus & Inégalités
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

La phrase du jour

Ce qui est produit aujourd'hui ne l'est pas en fonction de sa valeur d'usage ou de sa durée de vie, mais au contraire, en fonction de sa mort.
Jean Baudrillard, La Société de consommation, 1970

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Mots clés

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus