Chiffres en vrac

En 2004, 66,9 % des ménages de cadres étaient connectés à internet, contre 21,6 % des ménages ouvriers (source : INSEE).


Selon les estimations de l'ONU, 800 000 enfants souffrent depuis deux mois de la famine au Niger, dont 150 000 en état de sévère malnutrition. Combien d'Européens parmi les victimes ?

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DECODECO L'économie décryptée pour tous

Eco ou intox ? Nous sommes tous les jours noyés par les chiffres, les idées reçues, les jargons, maniés par des "élites" et des soi-disant experts autorisés...

Pour mieux comprendre l'actualité économique et sociale, et en discuter ensemble, voici des faits, des explications et des débats ouverts à tous !

Moi, je décode  chaque jour, avec ma modeste compétence de professeur d'économie, un ou deux sujets, en essayant de rester le plus objectif possible : expliquer les termes, éclairer les enjeux, casser quelques idioties... Et comme pour toutes les affaires importantes, l'humour ne sera pas absent.

Point important : l'économie ne peut être séparée des questions sociales et des choix politiques. Il n'est de pires manipulateurs que ceux qui présentent l'économie comme une "science" neutre, qui proposerait des solutions uniques - bien entendu, maîtrisées par les spécialistes... L'économie est une science sociale, morale et politique, en relation avec de nombreuses autres disciplines. C'est pourquoi nous traiterons autant de l'emploi, de l'environnement, ou de la protection sociale, par exemple, que de sujets strictement économiques.

De votre côté, réagissez ! Quel que soit votre âge, vos occupations, votre compte en banque... mettez votre grain de sel ! Vos commentaires sont bienvenus, s'ils sont courtois bien entendu, et sans publicité. Et doucement pour moi, je débute en blog...


A bientôt RIKIBOU




Dimanche 3 juillet 2005

Indice du coût horaire de la main-d'oeuvre en Europe (100 = France)
(Lecture : le coût d'un salarié par heure travaillée en Lettonie représente 8,5 % de celui d'un salarié français)



2003
UE (25 pays)
82,5
Zone euro
87,1
Lettonie

8,5
République tchèque
19,8
Portugal

33,2
Royaume Uni

84,7
France

100
Allemagne
100,8
Danemark

109,4
Suède
109,9
Source : Eurostat

On constate tout d'abord que la France se situe dans une position intermédiaire, parmi les pays de l'Union européenne, pour ce qui concerne les coûts horaires de main-d'oeuvre. La comparaison des seuls coûts horaires moyens n'est toutefois pas suffisante car, par définition, elle ne permet pas d'appréhender les différences de coût horaire pour les salariés les moins qualifiés. Ainsi, quand on considère les seuls ouvriers, la France se rapproche sensiblement des pays à faible coûts (tableau ci-dessous). Ainsi, en 1995, alors que le coût allemand est supérieur en moyenne d'environ 30 % au coût français, l'écart dépasse 60 % pour la seule main-d'oeuvre ouvrière. De même pour les Etats-Unis, le coût horaire de la main-d'oeuvre est inférieur, en moyenne, de 20 % au coût français alors que cet écart n'est que de 10 % pour les ouvriers. Ainsi, par rapport à la moyenne des salariés, le coût de la main-d'oeuvre ouvrière est plus faible en France qu'ailleurs, ce qui rapproche le coût du travail de l'ouvrier français des pays à faible coûts.

Rémunération horaire des ouvriers dans l'industrie en 1995

(en indices, France = 100)

Portugal

28

Espagne

67

Irlande

73

Royaume-Uni

76

Italie

85

Etats-Unis

90

France

100

Suède

115

Danemark

121

Japon

121

Finlande

123

Belgique

134

Allemagne

161

Source : IRES (1996)

Notons enfin que ce n'est pas le coût horaire qui est pertinent pour effectuer des comparaisons de coûts du travail mais le coût salarial moyen par unité produite. En effet, il ne faut pas oublier que la productivité constitue un élément tout aussi déterminant que le coût salarial pour déterminer la compétitivité-coût de la main-d'oeuvre.

Les comparaisons de productivité à un moment donné sont cependant peu fiables (et donc celles du coût salarial unitaire aussi). En revanche, il est possible de comparer les évolutions du coût salarial unitaire dans différents pays. On observe alors (graphique ci-dessous : source officielle américaine !) que le coût salarial unitaire a augmenté, en France, à un rythme très proche de celui des Etats-Unis et bien moindre qu'au Japon et en Allemagne.

par Rikibou publié dans : Travail & Emploi
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Samedi 2 juillet 2005

Dans une économie, toutes les richesses produites (ce qu'on appelle le Produit intérieur brut) représentent l' « offre », qui trouve sa contrepartie dans les différentes composantes de la « demande ». On a tout d'abord la demande intérieure – soit la consommation d'une part (essentiellement des ménages), et l'investissement d'autre part (les achats de capital, de la part des entreprises privées, de l'Etat, ainsi que des ménages, avec l'immobilier). Il faut compléter cette demande intérieure par le solde extérieur, c'est-à-dire les exportations (marchandises et services) moins les importations. Ce sont donc ces différents éléments de la demande – consommation, investissement privé et public, et solde extérieur – qui constituent les moteurs de la croissance économique, c'est-à-dire l'évolution annuelle, ou trimestrielle, du PIB.

L'INSEE, à travers ses études récentes (Comptes de la nation 2004, et Note de conjoncture du 23 juin) montre que tous ces indicateurs sont en panne en même temps, au premier trimestre 2005. Les dépenses de consommation des ménages ont ralenti (+ 0,8 % après + 1,1 % au quatrième trimestre 2004). Si l'on veut approfondir, on peut dire que les dépenses dans l'agroalimentaire et l'énergie se maintiennent, mais la consommation en produits manufacturés est en panne (+ 0,6 % contre + 1,9 %) ; d'ailleurs la production industrielle a baissé de 0,3 % ce trimestre, et l'investissement des entreprises a encore ralenti, alors qu'il était déjà faible.

Longtemps, c'est la consommation des ménages qui a soutenu la croissance, malgré la faiblesse de l'investissement des entreprises depuis plus d'une décennie. Mais aujourd'hui, on voit mal comment cette consommation pourrait être dynamique, puisque l'emploi se dégrade, le pouvoir d'achat stagne, et le moral des ménages est au plus bas, selon des sondages récents (crainte pour les retraites, pour l'avenir des enfants...). En outre, non seulement les impôts n'ont pas baissé globalement, contrairement aux promesses, mais ils se sont légèrement alourdis (d'un demi milliard d'euros en 2004), à travers tous les prélèvements indirects.

Du côté du solde du commerce extérieur ce trimestre, les exportations sont en recul (- 0,4 %) alors qu'elles progressaient légèrement fin 2004. Les importations décélèrent : on pourrait dire que dépenser moins d'argent pour les produits étrangers est une bonne chose, mais en fait c'est le signe d'une faiblesse de la demande intérieure... Au total, le solde extérieur s'est fortement dégradé depuis l'an dernier, alors qu'il était un des points forts de notre économie. Les Français avaient d'ailleurs payé assez cher le rétablissement de la compétitivité française dans les années 80, à travers la politique de « désinflation compétitive » (lutter contre l'inflation, pour maintenir des prix assez bas vis-à-vis de l'extérieur) et de « franc fort », qui a sacrifié la croissance et le pouvoir d'achat des salariés depuis vingt ans. Peine perdue (et croissance perdue, et emplois perdus... mais tout n'est pas perdu pour tout le monde, je vous rassure...) : après un excédent commercial de plus de 17 milliards d'euros en 2003, on va sans doute se retrouver en déficit en 2005 ; et la part de marché de la France dans le commerce mondial a diminué de 9 % entre 2001 et 2004...

Au total, la croissance, après un résultat honorable en 2004 (hausse du PIB de 2,1 %) ne dépassera pas + 1,5 % cette année, selon la plupart des économistes. Alors qu'il faudrait une croissance économique supérieure à 3 % par an pendant plusieurs années pour résoudre le chômage, qui comme on l'a vu, continue d'augmenter, alors que les départs à la retraite dus au vieillissement démographique devraient favoriser l'embauche...

Il est rare dans l'histoire de se trouver face à une telle situation conjoncturelle. La crise économique n'est pas encore dramatique, mais on comprend que les ménages et les entreprises n'entrevoient qu'un avenir sombre. Par ailleurs, croissance faible et chômage élevé ne peuvent que laisser les déficits publics dans le rouge : en 2004, ils représentent 3,6 % du PIB – soit très au-delà de la fameuse barre des 3 % fixée par le Pacte de stabilité et de croissance de l'Union européenne. L'autre critère, la dette publique en dessous de 60 % du PIB, est allègrement enfoncé, avec 64,7 % en 2004.

par Rikibou publié dans : Croissance & Développement
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La phrase du jour

Ce qui est produit aujourd'hui ne l'est pas en fonction de sa valeur d'usage ou de sa durée de vie, mais au contraire, en fonction de sa mort.
Jean Baudrillard, La Société de consommation, 1970

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