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En 2004, 66,9 % des ménages de cadres étaient connectés à internet, contre 21,6 % des ménages ouvriers (source : INSEE).


Selon les estimations de l'ONU, 800 000 enfants souffrent depuis deux mois de la famine au Niger, dont 150 000 en état de sévère malnutrition. Combien d'Européens parmi les victimes ?

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Mercredi 6 juillet 2005

Qu'on le veuille ou non, l'homme d'affaires est une des figures dominantes de notre époque. Dans un ouvrage qui vient de paraître, PORTRAIT DE L’HOMME D’AFFAIRES EN PREDATEUR (éd. La Découverte), deux sociologues spécialistes de l'entreprise, Michel Villette et Catherine Vuillermot, tentent de dresser le portrait type du chef d'entreprise "winner". Au début du XXe s., l'économiste autrichien Josef Schumpeter considérait l’entrepreneur comme une sorte de héros solitaire, un innovateur prêt à prendre des risques pour rompre avec la routine économique de son époque. Les auteurs ont retracé le parcours d’une série de grands patrons : François Pinault (Pinault Printemps Redoute, celui qui dit avoir été obligé à renoncer à construire un musée d'art moderne à sa gloire sur le site des anciennes usines Renault à Boulogne-Billancourt : le pauvre !) , Bernard Arnault (LVMH), Claude Bébéar (AXA), Ingvar Kamprad (Ikéa) et bien d’autres. On peut alors constater que ces réussites n'ont rien à voir avec des contes de fées, mais qu'elles s'appuient sur de solides atouts à l'origine.

Premier atout : loin de l'image du self made man, l’homme d’affaires qui réussit a été élevé dans une famille habituée à entreprendre. Tous les patrons étudiés ont trouvé dans leur famille de l’expérience, des relations, des capitaux, ou les trois. Ceux qui ont fait les grandes écoles (on connaît leur importance en France) complètent leur réseau.

 Deuxième atout : une expérience de la vente. Ceux qui réussissent sont d’abord d’habiles vendeurs et rarement des innovateurs de génie - parfois même ce sont des imitateurs sans scrupule : on pourrait citer Bill Gates qui pour "inventer" Windows et Word n'a fait que copier sans vergogne le système d'exploitation et le traitement de texte d'Apple.

Troisième atout, essentiel : se débarrasser de la concurrence. L'économie de marché, c'est tellement mieux quand on a le monopole, et qu'on est aidé par l'Etat ! Plus de 90 % des patrons étudiés ont bénéficié à leurs débuts de conditions financières privilégiées : aide familiale ou relations fortunées, mais aussi subventions et commandes d’Etat, prêts à taux bonifiés...

Dernière pièce du puzzle : le mentor. Tous ces jeunes loups ont été cajolés par un homme d’expérience qui les a aidés financièrement, a partagé des risques avec eux ou leur a appris à les gérer.
 
Il semble en fin de compte que les économistes surestiment le poids de la technique et des innovations organisationnelles, ainsi que de l'initiative individuelle des entrepreneurs. Les chefs d'entreprise qui réussissent savent avant tout s'appuyer sur les structures et les opportunités de leur société et de leur époque : Louis Renault et ses contrats d'armement en 1914, Jean-Louis Lagardère puis aujourd'hui Serge Dassault construisant leur empire dans les deux secteurs d'activités les plus "politiques" du pays : l'armement et les médias...

Comme l'a dit le prix Nobel d'économie Jo Stiglitz, si l'on parle toujours de la "main invisible" de la libre concurrence sur le marché, c'est peut-être qu'elle n'existe pas... Le conte de fées des entrepreneurs non plus. Plutôt qu'expliquer l'économie à partir de comportements individuels et strictement utilitaristes, les économistes seraient bien inspirés de faire appel à l'histoire, la sociologie ou la science politique, afin de comprendre les entreprises et les marchés comme des phénomènes de société, où le pouvoir, la culture, les réseaux, jouent un rôle essentiel.
Par Rikibou - Publié dans : Entreprises & Finance
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Commentaires

Bonjour,
Je trouve le blog très intéressant, on sent qu'il y a des choses à dire, à redire et à débattre. Mais surtout, il y a une qualité que je recherche dans les blogs: les informations pertinentes et les documents (et pas seulement les commentaires).
C'est donc décidé, je reviendrai régulièrement à cette adresse... et publierai d'autres commentaires.
Voici l'adresse de mon blog: http://sosses.over-blog.com
Commentaire n°1 posté par foraison le 12/07/2006 à 12h17

bonsoir, je suis étudiant en école de commerce.


en lisant cet article je souhaiterai réagir sur le dernier paragraphe. Je commence mes études de commerce et nous étudions les auteurs classique dont Adam Smith et sa théorie de la main invisible...mais comme dit dans votre texte et selon le prix nobel d'économie, cette théorie ne peut être validé dans notre société actuelle...je ne comprend pas trés bien ce point de vue pourriez vous m'éclairer? je vous remercie d'avance.

Commentaire n°2 posté par sirdirke le 10/02/2007 à 19h49

La phrase du jour

Ce qui est produit aujourd'hui ne l'est pas en fonction de sa valeur d'usage ou de sa durée de vie, mais au contraire, en fonction de sa mort.
Jean Baudrillard, La Société de consommation, 1970

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