Chiffres en vrac

En 2004, 66,9 % des ménages de cadres étaient connectés à internet, contre 21,6 % des ménages ouvriers (source : INSEE).


Selon les estimations de l'ONU, 800 000 enfants souffrent depuis deux mois de la famine au Niger, dont 150 000 en état de sévère malnutrition. Combien d'Européens parmi les victimes ?

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Jeudi 7 juillet 2005
Laurence Parisot, PDG de l'institut de sondage IFOP, a succédé, mardi 5 juillet, à Ernest-Antoine Seillière à la présidence du Medef. Sur la forme, le changement est total. Le baron Seillière, 67 ans, était héritier des Wendel jadis maîtres de forges (aujourd'hui 21e fortune de France : 1,2 milliards €) ; Mme Parisot est la première femme à la tête de l'organisation patronale, quadragénaire, avec une fortune familiale de «seulement » 100 millions d'euros... De quoi améliorer peut-être l'image assez désastreuse du Medef dans l'opinion publique. La nouvelle présidente souhaite d'ailleurs "jeter des ponts" vers des publics réputés hostiles - en citant l'Education nationale – et débattre "avec les ONG et le monde associatif".
 

La victoire de Laurence Parisot traduit aussi celle des services (70 % des emplois) c'est-à-dire une certaine « nouvelle économie » sur l' « ancienne », représentée par Seillière et l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM). Grâce à son activité de sondages, L. Parisot a un important réseau de clients, et semble douée d'une réelle capacité d'entregent : celle qui lui a permis d'intégrer dès 2001 Le Siècle, club très influent où se côtoient des responsables politiques, économiques et médiatiques triés sur le volet - ce qui lui a valu le ralliement de François Pinault, de Michel Pebereau (BNP-Paribas), ou qui lui permet d'entretenir des relations de confiance avec Bernadette et Claude Chirac.

Voilà pour ses particularités formelles. Ceci dit, les « fondamentaux » du Medef ne sont guère modifiés. Dans son premier discours de présidente, elle a déclaré que sa première priorité serait de faire aimer aux Français "l'économie, c'est à dire l'économie de marché". Prôner "une politique économique favorable aux entreprises, c'est la condition même du social" , a-t-elle indiqué. "L'Europe sociale ne peut se faire que dans l'Europe libérale", a-t-elle encore estimé. Plaidant pour une "modernisation" du code du travail, elle a dit vouloir construire avec les syndicats "un nouveau contrat social apaisé". Afin de bien entamer ce dialogue, elle a annoncé quelque chose qui va sûrement plaire aux grands syndicats : son intention de "casser un tabou : celui des règles de représentativité syndicale" qu'elle entend "rénover"...

 
 

Un petit rappel : sur les 2,5 millions d'entreprises françaises, 2,3 millions ont moins de 10 salariés.


par Rikibou publié dans : Entreprises & Finance
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Mercredi 6 juillet 2005

Qu'on le veuille ou non, l'homme d'affaires est une des figures dominantes de notre époque. Dans un ouvrage qui vient de paraître, PORTRAIT DE L’HOMME D’AFFAIRES EN PREDATEUR (éd. La Découverte), deux sociologues spécialistes de l'entreprise, Michel Villette et Catherine Vuillermot, tentent de dresser le portrait type du chef d'entreprise "winner". Au début du XXe s., l'économiste autrichien Josef Schumpeter considérait l’entrepreneur comme une sorte de héros solitaire, un innovateur prêt à prendre des risques pour rompre avec la routine économique de son époque. Les auteurs ont retracé le parcours d’une série de grands patrons : François Pinault (Pinault Printemps Redoute, celui qui dit avoir été obligé à renoncer à construire un musée d'art moderne à sa gloire sur le site des anciennes usines Renault à Boulogne-Billancourt : le pauvre !) , Bernard Arnault (LVMH), Claude Bébéar (AXA), Ingvar Kamprad (Ikéa) et bien d’autres. On peut alors constater que ces réussites n'ont rien à voir avec des contes de fées, mais qu'elles s'appuient sur de solides atouts à l'origine.

Premier atout : loin de l'image du self made man, l’homme d’affaires qui réussit a été élevé dans une famille habituée à entreprendre. Tous les patrons étudiés ont trouvé dans leur famille de l’expérience, des relations, des capitaux, ou les trois. Ceux qui ont fait les grandes écoles (on connaît leur importance en France) complètent leur réseau.

 Deuxième atout : une expérience de la vente. Ceux qui réussissent sont d’abord d’habiles vendeurs et rarement des innovateurs de génie - parfois même ce sont des imitateurs sans scrupule : on pourrait citer Bill Gates qui pour "inventer" Windows et Word n'a fait que copier sans vergogne le système d'exploitation et le traitement de texte d'Apple.

Troisième atout, essentiel : se débarrasser de la concurrence. L'économie de marché, c'est tellement mieux quand on a le monopole, et qu'on est aidé par l'Etat ! Plus de 90 % des patrons étudiés ont bénéficié à leurs débuts de conditions financières privilégiées : aide familiale ou relations fortunées, mais aussi subventions et commandes d’Etat, prêts à taux bonifiés...

Dernière pièce du puzzle : le mentor. Tous ces jeunes loups ont été cajolés par un homme d’expérience qui les a aidés financièrement, a partagé des risques avec eux ou leur a appris à les gérer.
 
Il semble en fin de compte que les économistes surestiment le poids de la technique et des innovations organisationnelles, ainsi que de l'initiative individuelle des entrepreneurs. Les chefs d'entreprise qui réussissent savent avant tout s'appuyer sur les structures et les opportunités de leur société et de leur époque : Louis Renault et ses contrats d'armement en 1914, Jean-Louis Lagardère puis aujourd'hui Serge Dassault construisant leur empire dans les deux secteurs d'activités les plus "politiques" du pays : l'armement et les médias...

Comme l'a dit le prix Nobel d'économie Jo Stiglitz, si l'on parle toujours de la "main invisible" de la libre concurrence sur le marché, c'est peut-être qu'elle n'existe pas... Le conte de fées des entrepreneurs non plus. Plutôt qu'expliquer l'économie à partir de comportements individuels et strictement utilitaristes, les économistes seraient bien inspirés de faire appel à l'histoire, la sociologie ou la science politique, afin de comprendre les entreprises et les marchés comme des phénomènes de société, où le pouvoir, la culture, les réseaux, jouent un rôle essentiel.
par Rikibou publié dans : Entreprises & Finance
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La phrase du jour

Ce qui est produit aujourd'hui ne l'est pas en fonction de sa valeur d'usage ou de sa durée de vie, mais au contraire, en fonction de sa mort.
Jean Baudrillard, La Société de consommation, 1970

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